Une révolution dans l’enseignement des SVT

Articles (US mars 2007 et 1999) et liens
 mars 2007
par  Alain Prevot , Yves Cauet

Nouvelles technologies ? Pas si nouvelles ! Plutôt « en constante évolution ». Nous sommes passés en 30 ans :
- de la machine à alcool à la ronéo à encre et la photocopie NB pour arriver à la photocopie couleur ;
- des diapositives aux transparents NB, puis aux transparents couleur et enfin au vidéo-projecteur ;
- des Thomson TO7 et MO5 du premier plan informatique pour tous (1985) à un seul PC dans une unique salle, pour aboutir à la salle de TP équipée de 10 postes.

L’usage des TICE est maintenant complètement intégré dans les pratiques des enseignants de SVT, tout au moins en lycée, et avec plus de difficultés (souvent financières) en collège. Il a considérablement influencé les pratiques pédagogiques.

La recherche ayant joué un rôle pionnier dans l’histoire de "la toile", les SVT ont rapidement pu disposer de ressources en ligne considérables : données, références, coordonnées de laboratoires. Il suffit souvent de se connecter au serveur de l’université voisine pour trouver le fil qui permettra de satisfaire sa curiosité. Ainsi, depuis http://www.jussieu.fr on saura vite ce qui se fait dans cette université parisienne et on disposera d’un efficace mode d’emploi des moteurs de recherche les plus utilisés.

Obsédés par le désir de casser l’image naturaliste de la discipline (ringarde ?) pour enseigner "la science qui se fait" (plus adaptée aux missions de l’école ou à leur ego ?), les militants des SVT ont vite expérimenté les possibilités du réseau et l’ont enrichi d’importantes ressources pédagogiques tant sous le contrôle de l’inspection qu’à l’initiative d’individus ou de classes, l’option sciences expérimentales de 1°S puis les TPE ayant joué un rôle important dans le développement des sites et forums lycéens. On peut ainsi télécharger logiciels, pages d’information, animations, bibliographies sur les sujets les plus variés. La correspondance électronique entre lycées et laboratoires n’est plus exceptionnelle. A la recherche de données sans cesse actualisées, des collègues sont visiteurs assidus de sites fournissant quotidiennement des images satellitales, etc.

Très vite, en classe, émerge l’interrogation sur la validité des documents obtenus, questionnement qui est en lui-même un bon levier pour enseigner les démarches scientifiques. Mettre les élèves en situation de recherche, les ouvrir sur le monde (au-delà des situations triées par l’enseignant), les obliger à échanger des dossiers et à confronter des thèses, c’est former des citoyens plus autonomes, plus critiques, peut-être plus responsables... si l’on veille à ne pas rester dans un monde virtuel et circulaire, si l’on veille à injecter dans le réseau des résultats d’observations et expérimentations signées, réalisées, reproductibles, conduites pour travailler des problèmes pertinents."(1999)

Alain Prevot, octobre 1999


Sur cette page :

| Au niveau des contenus | Dans la classe |
Au CDI... | Pas si facile... | Le cédérom, utile en SVT ? |

size="2">Les Tice dans la préparation du cours

Au niveau des contenus

– La plupart des enseignants possèdent leur propre PC, souvent portable, ce qui n’est pas sans poser un problème d’investissement pour les jeunes collègues (1000€ ce n’est pas rien) et même les moins jeunes : 8000€ sur une carrière !

Cependant il n’est plus imaginable de préparer un cours sans recherche de documents sur Internet avec un moteur de recherche comme Google et ses différents modules, malgré les biais sans cesse grandissants liés aux logiques de marché, ou l’encyclopédie Wikipedia, avec les qualités et les limites d’un site coopératif fait par les internautes, etc.

– De nombreux collègues et des universitaires mettent leur cours en ligne. Nous donnons quelques exemples pour sortir des sites institutionnels habituels. Vous constaterez que certains, sponsorisés, sont plus agréables à visiter si on configure le navigateur pour bloquer les publicités.

  • Sur geobiodidac des documents de cours de collège et lycée, en fichiers .doc pour pouvoir les adapter.

– Dans le commerce, il existe des DVD et CD comme l’Encyclopedia Universalis ou, plus ciblés, ceux de la Cypriolette ou de Hatier. ADAPT-SNES publie régulièrement des synthèses de tests sur http://www.adapt.snes.edu/.

– Le forum de discussion permet de se rassurer en cas de doute et sera un palliatif pour l’enseignant isolé. On y trouve toujours des collègues pour débattre de pédagogie, répondre à une question « pointue » sur une manipulation, l’état du savoir... A vous de choisir : forum académique ou celui du groupe SVT du SNES : gr-svt@snes.edu, etc.

– Chaque académie, en relation avec les IPR, propose quantité de ressources :

- Allez voir aussi des universités (« Jussieu » , Genève) ou le CNRS...

– Avec la 5 et le CNDP, le site TV,, si l’établissement est abonné, permet des enregistrements vidéo libres de droit. Indispensable.

– Pour les illustrations, c’est l’embarras du choix tant pour le contenu que pour le visionnage. Voir l’académie de Dijon http://webpublic.acdijon.fr/pedago/svt/schemassvt/rubrique.php3?id_rubrique=64.

Yves Cauet, mars 2007


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color="#000080" size="3" face="Arial">Les TICE dans la classe

Le cours

– Le vidéo-projecteur s’utilise comme appoint de la pédagogie classique. Les mieux lotis ont un appareil par classe (des lycées), d’autres n’en ont pas encore ou un par étage... Avec une clé USB et Windows XP ou IrfanView, c’est plus simple qu’un projecteur de diapos. On peut faire des présentations (voir US-magazine 11/2004 et 09/2006). Utiliser tout logiciel d’EAO etc.

– Le tableau numérique (TNI) s’apparente à une tablette graphique géante sur laquelle l’écran de l’ordinateur est projeté par vidéo-projecteur. Un stylo électronique permet de déplacer le pointeur sur la surface et joue le rôle d’une souris (clic droit/clic gauche). Le tableau blanc est équipé d’un logiciel intégré, l’ACTIVstudio (un bloc note) qui rend possible les annotations sur le tableau. Celles-ci peuvent être sauvegardées, enregistrées. Mais combien de collectivités territoriales ont investi dans ce matériel ?

– Les CD et DVD, bien que d’un contenu parfois inégal, ont largement progressé. Ils sont de plus en plus souvent interactifs.

– Des logiciels personnels sont souvent réalisés par des collègues, leur intérêt est très variable. L’académie de Toulouse en répertorie un certain nombre :.

Les Travaux pratiques

C’est l’aspect le plus révolutionnaire et c’est là où les inégalités de la décentralisation sont les plus criantes entre les conseils régionaux pour les lycées (l’ECE tend à gommer cependant les disparités) et plus encore entre lycées et collèges (gestion départementale) dont certains sont quasiment sinistrés. L’ExAO est la véritable révolution, avec des réserves pour sa mise en place en ECE en TS. Les capteurs à O2, à CO2, à éthanol sont de plus en plus performants, les expériences avec le chariot de Dubois Raymond ou le comptage des bulles d’élodée semblent bien loin. Les éditeurs Jeulin, Pierron, Micrélec, Leybold... ont bien compris l’intérêt financier et rivalisent de nouveautés chaque année (pas toutes de même niveau). La domination de Jeulin piège pourtant les enseignants dans leurs choix pour un renouvellement du matériel. Parfois même l’enseignant est bridé car c’est la collectivité territoriale qui signe le marché.

En collège, l’ExAO en TP est illusoire mais elle a toute sa place en démonstration... mais les inégalités d’équipement sont considérables.

Les logiciels de la télédétection ou de simulation deviennent incontournables : Sismolog (Chrysis), Diet (Jeulin), Sim-synapse (Pierron), Phylogène (INRP), Anagène (CNDP)… Certains sont gratuits d’autres non !

Les espaces numériques de travail

Les ENT, qui ne sont pas spécifiques aux SVT, permettent via Internet les échanges avec d’autres classes en France ou à l’étranger (projets Comenius), le contrôle des élèves absents en temps réel, de remplir le cahier de texte, de mettre des travaux d’élèves ou des cours... Parfois, des proviseurs ou des principaux font pression pour mettre les devoirs en ligne sous prétexte d’aider les élèves absents et de renseigner les parents sur l’avancement du cours. Bien des possibilités, parfois utiles... mais aussi de sérieux problèmes : « surveillance » du professeur par l’administration, prise de contact moins directe avec le professeur à la suite d’une absence, problèmes de copyright. En effet de nombreuses oeuvres... utilisables sans formalités ni frais au sein de la classe ne doivent pas être mises sur le réseau (voir US-magazine 06/2006 et http://www.education.gouv.fr/).

Yves Cauet, mars 2007


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color="#000080" size="3" face="Arial">Au CDI
...

L’utilisation autonome par les élèves pour des exercices complémentaires ou des recherches sur Internet est largement répandue. On peut préparer pour une classe une page de liens (ça se fait même avec un traitement de texte) pour orienter des recherches de type révision ou approfondissement du programme).

Les IDD et TPE sont souvent des occasions de création de dossiers Internet d’un intérêt... inégal. Attention au droit d’auteur... (cf. US-Magazine 11/2005)


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color="#000080" size="3" face="Arial">Pas si facile...

L’investissement revient toujours à une collectivité territoriale. La décentralisation a créé des inégalités considérables entre régions (pauvres et riches, priorités). En 2001 le Conseil Général des Landes équipait chaque élève de 3e d’un portable. Celui de Vendée lance « 1000 PC pour 2008 » soit... une quinzaine par collège.

Pour la maintenance, c’est encore le grand vide et la "débrouille". Le plus souvent, un enseignant "bricoleur" s’y colle rémunéré au mieux de quelques HSA voire HSE et la capacité de formation est insuffisante. On pourrait imaginer un technicien ressource des collectivités territoriales, éventuellement sur plusieurs établissements et il faudrait obtenir une formation de bon niveau pour les PTL (personnels techniques de laboratoire) là où il y en a.

Est-ce le rôle des professeurs de SVT de valider la compétence des élèves en informatique (B2i) ?

Les stagiaires se forment encore souvent par eux mêmes. Il faut une véritable formation initiale et développer la formation continue.

Yves Cauet, Snes, groupe SVT, mars 2007


<font
color="#000080" size="3" face="Arial">Le cédérom, utile en SVT ?

Les SVT ont incorporé rapidement l’audiovisuel puis l’informatique à leur quotidien. La place des travaux pratiques dans l’identité disciplinaire - depuis les années 70 - a préparé les enseignants à utiliser ces nouveaux outils, répondant à des préoccupations déjà formalisées :

-* disposer de banques d’images et accéder rapidement à la séquence opportune (les premiers vidéodisques ont concerné arts et SVT),
-* faciliter les mesures en "temps réel" sur la durée des séances de TP (Expérimentation Assistée par Ordinateur),
-* travailler sur des simulations, outils de formation méthodologique
-* et exploiter des "bases" de données sans s’enliser dans des travaux fastidieux.

Restait à associer ces deux (r)évolutions - l’audiovisuelle et l’informatique - pour que notre boulimie d’images s’intègre à nos nouveaux TP. Télédétection et imagerie en fausses couleurs (donc le traitement informatisé de l’image) sont d’ailleurs objets d’enseignement depuis plus de 15 ans. Avec 600 mégaoctets et un délai d’accès très bref le cédérom était ainsi "attendu" :

-* support de logiciels avec leurs capacités de computation,
-* mémoire suffisante pour des dizaines de milliers de pages de textes ou de données, des centaines d’images fixes ou animées (les algorithmes de compression permettent maintenant des heures de vidéo) et, en prime, des sons !

Alors, le bonheur ?

En fait, les CD ont souvent déçu : produits décalqués du livre, bases de données figées au-delà ou en deçà du niveau des élèves "réels", vidéos peu denses car ciblées "grand public", sujets limités aux plus "porteurs" (les grands Mammifères, pas les petits, etc.), adaptations maladroites de l’américain, ludo-éducatifs plus soucieux de forme que de fond, interactivité illusoire instillant la démarche de l’auteur dans la pensée d’un utilisateur qui s’imagine autonome ! Et ... difficultés liées à des ordinateurs pas toujours renouvellés "à temps".

Rien de neuf pour nos classes ?

D’une part la forme séduit certains de nos élèves et les motive tandis que la navigation peut laisser le choix de l’itinéraire de découverte.

D’autre part, la production a bien progressé au fil des années et des produits sortant de l’ordinaire sont désormais bien adaptés à nos besoins, tels que les CD en version "éducation" ouverts à la construction de parcours ou d’exercices conçus par l’enseignant pour sa classe, ou autorisant la modification des données (par appel au disque dur évidemment).

Enfin, avec un peu d’imagination, on détourne utilement de nombreux CD.

Et l’avenir ?

Les collègues le construisent :

-* en testant ce qui leur est offert, obligeant l’édition à s’adapter,
-* en participant à des réalisations sur leurs objectifs, conçues de préférence comme des systèmes ouverts,
-* en utilisant - grâce aux graveurs - le cédérom comme bourse d’échange de produits "non finis".

Pour que ces travaux soient productifs, il faut faire évoluer les programmes sans précipitation, tout en observant ce qui se fait, vers des objectifs suffisamment lisibles pour être intégrés à l’avance par les collègues investis dans des recherches à portée didactique. A les changer avant que les outils soient prêts et les formations assurées, on décourage les meilleures volontés.

Alain Prevot, octobre 1999, MAJ 2007




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