Redonner un avenir au collège

Colloque SNES - SNEP - SNUPDEN / 5 et 6 avril 2011
jeudi 8 décembre 2011

ISBN : 978-2-35656-031-5

Le collège subit la violence des politiques budgétaires avec leur
cortège de suppressions de postes, d’accroissement de la charge de
travail des personnels et de la dégradation des conditions d’études des
jeunes.

Il est dans le même temps confronté aux évolutions culturelles,
sociales et économiques de la société qui l’interrogent sur son organisation,
ses contenus et ses pratiques.

Aujourd’hui, livré à un « socle commun » et à son « livret personnel
de compétences » qui diluent le sens des apprentissages et ne constituent
pas un moyen de lutte contre l’échec scolaire, il fait l’objet de
transformations en profondeur qui en font un laboratoire de la compétitivité
et de la performance, dénaturant ses missions et celles de ses
personnels.

Il est urgent de redonner un avenir au collège, d’élaborer les conditions
permettant à tous les jeunes de s’émanciper, de développer leur
créativité, de se construire avec ambition un projet de vie et d’acquérir
une culture commune qui donne les clés pour comprendre le monde et
y agir en citoyen éclairé.

C’est pour tracer ensemble les pistes vers la démocratisation du collège
que le SNES-FSU, le SNEP-FSU et le SNUPDEN-FSU ont organisé
un colloque à Saint-Ouen en avril 2011.

Cet ouvrage rassemble la quasi-totalité des interventions de
chercheurs, de militants de mouvements pédagogiques et de personnels
d’enseignement, de vie scolaire, d’orientation et de direction.

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sur cette page :

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size="2">Sommaire

Présentation des intervenants

Le mot des trois secrétaires généraux

Ouverture du colloque
Frédérique Rolet & Serge Chabrol

Le collège : enjeux et situation
Denis Paget

Table ronde n°1 :

Les missions du collège, sa place dans le système éducatif
Jean-Louis Derouet,
Stéphane Bonnéry,
Bernadette Groison. - Débats

Regards croisés sur le métier et le travail enseignant
Françoise Lantheaume,
Jean-Luc Roger. - Débats

Table ronde n°2 :

Quels leviers pour une véritable démocratisation scolaire ?

Claude Lelièvre, Yves Careil, Tristan Poullaouec, Jean-Yves Rochex. - Débats

Ateliers :

Atelier 1 :

Quels contenus ? Quelle évaluation des élèves ? Quelles pratiques pédagogiques ?
Roland Hubert, Christine Passerieux, Patrice Bride, Serge Boimare

Atelier 2 :

Quelle formation des enseignants pour mieux faire réussir les élèves ?
Frédérique Rolet, Jacques Bernardin

Atelier 3 :

Comment articuler cadre national et réalités locales ?
Thomas Lamarche, Catherine Manciaux

Atelier 4 :

Quelle politique d’éducation prioritaire ?
Bruno Mer, Daniel Frandji

Atelier 5 :

Comment organiser l’ensemble de la scolarité ? Quels rythmes scolaires ?
Benoît Hubert, Claire Leconte, François Testu

Atelier 6 :

Comment préparer une orientation choisie ?
Catherine Remermier, Stéphanie Chauvel

Atelier 7 :

Quelle place pour le travail d’équipe ?
Christian Allemand, Valérie Héraut

Clôture, Roland Hubert

- Appel pour le collège

Annexe : Contribution de Jean-Yves Rochex


<font
color="#000080" size="3" face="Arial">Le mot des secrétaires généraux

Le collège doit aujourd’hui faire face à la violence des politiques budgétaires et de leur cortège de suppressions de postes, d’accroissement de la charge de travail des personnels et de dégradation des conditions d’études des jeunes. Il est dans le même temps confronté aux évolutions culturelles, sociales et économiques de la société qui l’interrogent sur son organisation, ses contenus et ses pratiques.

La loi d’orientation pour l’École de 2005 a fixé les axes de transformations du collège. Force est de constater, 6 ans plus tard, que le bilan est négatif, et que la course à l’imposition coûte que coûte du socle commun et de son livret personnel de compétences ne rencontre pas plus l’adhésion de la grande majorité des personnels qu’elle ne résout les difficultés des élèves.

L’urgence de donner un autre avenir au collège est grande.
Le SNES-FSU, le SNEP-FSU et le SNUPDEN-FSU ont, dans leur champ de syndicalisation et ensemble dans le cadre de la FSU, développé un projet pour la démocratisation du système éducatif et la réussite de tous les jeunes. Celui-ci est fondé sur la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans, scolarité structurée par la culture commune et encadrée par des personnels mieux formés, revalorisés et auxquels le cadre statutaire donne une garantie d’indépendance et les moyens d’exercer pleinement leurs missions.

Le colloque qu’ils organisent les 5 et 6 avril 2011 doit être un moment fort de présentation de ces orientations et revendications, de débat sur leur pertinence et sur leurs conditions de mise en œuvre.
Réunir, pendant deux jours, personnels de direction, d’enseignement, de vie scolaire et d’orientation avec des chercheurs, des militants des mouvements pédagogiques et des représentants de partis politiques doit permettre de tracer les pistes, de trouver les chemins vers la démocratisation de l’accès aux savoirs et aux qualifications.
Ce colloque se veut un point d’étape dans la campagne que les organisations syndicales SNES-FSU, SNEP-FSU et SNUPDEN-FSU mènent depuis des mois pour redonner un avenir au collège en dessinant les conditions pour que ces quatre années de scolarisation soient, pour toutes et tous, le temps de l’émancipation et du développement de la créativité, de la construction de l’ambition dans ses projets de vie personnelle et professionnelle, et enfin de l’acquisition de cette culture commune qui donne les clés pour comprendre le monde et y agir en citoyen éclairé et donne les premiers éléments de connaissance du monde professionnel.

Les secrétaires généraux du SNES-FSU, SNEP-FSU et SNUPDEN-FSU


<font
color="#000080" size="3" face="Arial">Introduction par Denis Paget

Nous ne reproduisons ici que de courts extraits, lire l’intégralité de l’intervention dans le livre

Deux années de réunions, de stages, de colloques divers avec de nombreux enseignants de collèges et de lycées m’ont montré à la fois l’ampleur des difficultés professionnelles rencontrées dans les collèges, les découragements qui en résultent, les ruptures et les souffrances qu’elles entraînent, mais aussi l’extraordinaire vitalité d’un corps professionnel qui se fait toujours une haute idée de ses missions et qui fait face à des situations parfois proches de l’implosion avec un professionnalisme étonnant.
C’est à partir de ce double constat que je voudrais évoquer devant vous les problèmes du collège en m’efforçant surtout de poser les questions qui méritent des approches nouvelles.

Ce qui me frappe d’abord, c’est la difficulté qu’éprouvent les enseignants à lire les politiques scolaires dans lesquelles ils sont immergés, à y trouver le reflet du sens qu’ils assignent à leur métier, et même souvent la difficulté à construire contre ces politiques des espoirs et des revendications qui justifieraient leurs engagements, et surtout leur engagement professionnel. Ce qui a de la valeur pour eux – la passion pour un domaine de connaissance, l’envie de la partager, la certitude que ce domaine est essentiel à un être humain de notre époque, que ce savoir est émancipateur, formateur et fait gagner en libertés de toutes sortes –, tout cela semble se heurter aux contraintes de prescriptions de plus en plus tatillonnes dont ils ne perçoivent ni les sources, ni les visées et qui n’intéressent guère quantité d’élèves, déboussolés eux-mêmes par le sens à donner à leurs études.

Le collège issu de la loi Fillon de 2005 est devenu le laboratoire d’une sur-prescription néo-taylorienne du travail enseignant et d’un enrôlement précoce des élèves dans les procédures et notions issues du management des ressources humaines. Nous sommes entrés avec le siècle dans une ère, à bien des égards inquiétante, où les idéaux émancipateurs de l’école ne se réfèrent plus ni à la justice sociale, ni à la reconnaissance des diplômes, ni à une citoyenneté généreuse, ni à l’accès toujours plus large à la culture ; et même si le discours officiel continue de brandir « l’égalité des chances », elle ne constitue plus qu’une rhétorique vide. Les idéaux de l’École se dissolvent dans les théories du capital humain, de l’employabilité, faisant rentrer le collégien dans le processus du marché des compétences, du rapport individuel au travail et à la hiérarchie, via l’évaluation permanente étendue aux attitudes et « savoir-être », rapportés à une norme sociale et comportementale. Le collège est désormais le laboratoire de la compétitivité et de la performance : elles constituent sa raison d’être et devraient y puiser son inspiration et ses modes d’organisation. Chaque nouvelle réforme annoncée nous rapproche un peu plus de ce modèle. La création du socle et du livret de compétences, l’extension du programme CLAIR (collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) en sont les témoignages les plus récents. La dangerosité de ces réformes provient de leur capacité d’alimenter un rapport individuel et anxieux des familles à la scolarité, et d’absorber en même temps les grands thèmes des pédagogies nouvelles, comme de réhabiliter la pédagogie la plus traditionnelle. Dans ce nouvel usage de l’école, les enseignants doivent se débrouiller pour atteindre les objectifs fixés avec les moyens qu’on leur compte chaque année un peu plus chichement. On les évaluera non pas au travail qu’ils font – bientôt l’inspecteur ne viendra même plus inspecter pour donner quelques conseils –, mais aux résultats, et au niveau de satisfaction des usagers qui seront bientôt sollicités, prenons-en le pari, sur les prestations des enseignants comme ils le sont sur le réparateur de leur lave-vaisselle. L’extension des mesures de désectorisation sanctionne cette volonté de construire une école soumise aux lois de la concurrence : il suffirait d’évaluer, de faire connaître les résultats aux usagers pour garantir la qualité de la formation par la loi de l’offre et de la demande. À cette aune, tout ce que des siècles de lutte ont fait pour créer, en faveur des jeunes, un espace libéré des contraintes économiques, idéologiques et religieuses, laisse progressivement place à ce nouvel usage de l’école dont les plus favorisés tireront le meilleur profit et qui laisse aux autres des espaces scolaires dégradés, cumulant toutes les difficultés et offrant une formation de plus en plus médiocre. Les évaluations internationales témoignent de ces inégalités plus profondes chez nous que dans les pays comparables.

Dans ce contexte, la notion de « scolarité obligatoire » est utilisée à de nouvelles fins au sein d’un débat sur une hypothétique inflation des diplômes. C’est la scolarité obligatoire du décret Berthoin de 1959 qui domine curieusement la loi Fillon de 2005, alors que la loi de 1989 envisageait surtout l’accès au baccalauréat. À partir d’un argumentaire classique sur le déclassement supposé des diplômés, nombre d’experts, de chercheurs et de politiques théorisent l’inutilité d’un allongement des études et de l’inflation des diplômes, à partir d’une évaluation de leur valeur, par analogie avec les masses monétaires. Cette vision des choses tend à confondre la valeur d’échange et la valeur d’usage des diplômes, comme le souligne Tristan Poullaouec. On ne peut assimiler tous les surdiplômés dans leur emploi à des déclassés : « Que les compétences des jeunes diplômés ne soient pas reconnues par leurs employeurs ne signifie pas qu’elles soient inutilisées dans l’exercice actuel ou futur de leur activité professionnelle. » La réalité, c’est que le diplôme est bien « l’arme des faibles ». En 1970, seuls 19 % des enfants d’ouvriers étaient devenus cadres ou exerçaient une profession libérale à 30 ans. En 2003, ce sont 25 % qui occupent des positions de ce type. Selon l’enquête menée par Éric Maurin, « en 2008, parmi les jeunes salariés enfants d’ouvriers, près de 32 % sont cadres ou profession intermédiaire », ce qui correspond à + 19 % par rapport à 1982. Mais les choix politiques de ces vingt dernières années ne s’appuient pas sur ces résultats pour les amplifier et les améliorer. On revient à l’idée d’élargir un peu les élites mais au prix d’une limitation de la scolarité des autres. Le recentrage sur la scolarité obligatoire des années 1960 proposé par des parlementaires de la majorité et par le HCE (Haut conseil à l’éducation), soutenu par les think tanks qui prétendent inspirer un programme de gauche, va dans ce sens. L’instauration du socle renoue avec l’élitisme républicain d’une promotion des seules élites à condition qu’on garantisse un minimum aux autres. Mais quel est ce minimum ? Ce n’est même pas l’accès à une première qualification professionnelle.

(...)

Une scolarité prolongée pour tous où ce ne serait jamais le tout ou rien

Il me semble donc qu’il faut disputer avec force contre la naturalisation de la scolarité obligatoire à 16 ans et contre le recentrage des politiques publiques sur cette seule scolarité obligatoire. C’est précisément parce que la scolarité de presque tous les jeunes s’étend bien au-delà de 16 ans qu’il est possible d’envisager de créer un autre rapport à l’école, libéré, au niveau du collège et même du début du lycée, de la pression de l’avenir professionnel, pour réorienter les élèves sur leurs études et sur les contenus enseignés. Si l’on pense qu’il existerait après 16 ans une scolarité non-obligatoire qui autoriserait une partie de la population scolarisée à ne plus être en formation, qu’on dise où se trouveraient ces jeunes ! Il n’est plus un parent d’élève qui ne revendique au moins un baccalauréat comme terme des études. Les pouvoirs publics eux-mêmes ont largement effacé les diplômes inférieurs au baccalauréat.
Je pense qu’il est temps de mener une campagne publique, d’une part contre l’extraordinaire régression qui consisterait à créer un établissement unique de la scolarité obligatoire qui nous ramènerait aux écoles primaires supérieures de l’entre-deux guerres pour les enfants d’ouvriers, et surtout que l’on centre cette campagne sur une nouvelle structuration des études couplant une amélioration notable de l’efficacité de l’école maternelle et primaire pour faire entrer tous les jeunes dans la culture écrite, avec l’affirmation et la mise en œuvre d’une continuité éducative de la maternelle à la fin du lycée.

(...)

Notre système est aujourd’hui trop rigide pour qui ne se moule pas dans les parcours convenus ; les « blessures scolaires » sont profondes et définitives et s’ajoutent aux blessures sociales et familiales dont sont toujours victimes les élèves décrocheurs. Elles les éloignent pour longtemps et souvent définitivement de l’envie d’apprendre.

Éveiller la passion d’apprendre

Le dispositif de rationalisation technocratique présenté par le socle et le livret personnel de compétences ne constitue aucunement un moyen de lutte contre l’échec scolaire. Au contraire, il fait perdre le sens des apprentissages par la fragmentation des connaissances en les réduisant aux seules compétences évaluables. Il érige les attitudes et les comportements en compétences sociales et individuelles, passives et normatives, qui éloignent l’école de l’objectif de former des êtres humains doués de culture, de jugement, d’esprit citique, de force symbolique, d’imagination, de capacités d’indignation ou d’enthousiasme, sensibles à l’altérité et au bien commun. Il les rabat sur le conforme plus que sur l’émancipateur.

Loin de constituer une élémentation des savoirs, le socle procède par soustraction au sein de programmes qui ont mis aux oubliettes la vie des disciplines scolaires. Pire, il crée l’illusion que ce sont les disciplines qui seraient des obstacles à l’apprentissage et qu’il suffirait de faire du « transversal » pour accéder à d’improbables compétences générales.
Il en résulte une superposition de deux prescriptions : l’une qui respecte la progressivité des apprentissages disciplinaires ; l’autre qui feint de les ignorer et prive les élèves dont on pense a priori qu’ils n’iront pas au-delà du socle, des connaissances qui les feraient progresser.

(...)

Dans une société où on lit de moins en moins, où l’amnésie et l’éphémère semblent dominer, où la science n’est plus auréolée de l’image du progrès, les responsabilités du système éducatif sont écrasantes et justifieraient à elles seules un soin particulier pour tendre vers une qualité pour tous qui fait cruellement défaut pour les plus faibles, mais aussi pour les meilleurs. Cette qualité passe d’abord par le recentrage sur les savoirs profonds, précisément ceux qui échappent à l’utilité immédiate : historiciser les connaissances, décaper les disciplines de leurs gangues d’exercices académiques, retrouver le chemin du questionnement anthropologique.

Les conséquences doivent en être une lutte sans merci contre la hiérarchie des disciplines scolaires et du temps qu’on leur consacre, un souci permanent de mener à bien des activités pratiques dans tous les domaines, une prise de conscience de la maîtrise des écarts naturels qui existent entre les pratiques culturelles vivantes et les pratiques scolaires.
Ce que je propose est donc tout le contraire du repli et du cloisonnement disciplinaire.

Suppression des hiérarchies, nouvelle organisation du travail, dynamiser le collectif

Un tel projet culturel ne peut se réaliser avec la conception actuelle des emplois du temps, du travail personnel des élèves, des conditions d’enseignement et du fonctionnement des établissements.
Passionner les élèves suppose qu’ils entrent dans les problématiques disciplinaires à partir des questions et des problèmes, qu’ils aient le temps de s’y installer, de chercher et de produire. Or, la fragmentation des emplois du temps ne le permet pas ; c’est pourquoi j’ai proposé d’allonger la durée des séquences sans augmenter la durée de la semaine, de construire des travaux moins ponctuels, dans la durée, qui mettent vraiment en débat le groupe et en coopération les élèves entre eux, pour réaliser des travaux dont ils seront fiers et qu’ils pourront montrer ou mettre en ligne dans et hors de l’établissement. Il est toujours difficile de faire venir certains parents dans le collège ; c’est plus facile en leur montrant les réussites qu’en les convoquant pour la litanie des reproches.

J’ai proposé également (...)

(...)

Enfin ne faudrait-il pas en finir avec l’autocratie installée et aggravée en prenant au sérieux l’autonomie des établissements ? Est-il besoin d’un chef qui préside toutes les réunions et n’en fait qu’à sa tête ou en application descendante des règles du nouveau management public ? Il existe des systèmes éducatifs où le chef d’établissement est élu par ses pairs et n’exerce cette fonction que temporairement. Est-ce que cela ne changerait pas profondément l’implication des enseignants en insufflant de la transparence, du débat et de la démocratie dans un univers qui prétend former à la citoyenneté alors qu’il fonctionne de plus en plus comme une monarchie absolue ?

Mixité sociale

Mais ne nous faisons aucune illusion. Rien ne s’améliorera sans une rupture avec la loi du plus fort, du plus riche, du plus initié qui sait choisir l’établissement le plus protecteur pour son enfant sans scrupule pour tous ceux, les plus précaires, les plus pauvres, les moins initiés qui se retrouvent inévitablement entre eux dans l’impuissance d’eux-mêmes.
Un vrai projet démocratique pour l’École nécessite impérativement un plan de longue haleine pour donner de la mixité sociale à tous les établissements. Il y faut du courage politique (...)

Éducation : pour un dialogue renouvelé école / famille

Enfin, je ne peux terminer ce propos sans évoquer l’impérieuse nécessité d’approfondir et de renouveler le dialogue avec les familles sur l’éducation. Non pas pour imposer des normes de comportement mais pour que l’École soit vraiment traitée comme un bien commun précieux qui nécessite un accord sur les exigences de socialisation et sur les valeurs politiques et morales qui en fondent l’existence au service des jeunes.

(...)

Le dialogue avec les familles devrait également faire l’objet d’une formation approfondie sur la façon de le conduire pour éviter les conflits ou le dialogue de sourds. La faiblesse de la psychologie scolaire dans les établissements et au sein des sciences de l’éducation et la domination de la sociologie me semble pour cela devoir être l’objet d’une réflexion des chercheurs.

Voilà donc quelques idées que je soumets à votre réflexion. Elles tentent de redessiner un collège à la fois plus commun et plus humain.


<font
color="#000080" size="3" face="Arial">Auteurs

BERNARDIN Jacques : Associé à l’équipe Circeft-ESCOL, université Paris VIII, titulaire d’une thèse de doctorat en sciences de l’éducation, il est président du GFEN (Groupe français d’éducation nouvelle).

BOIMARE Serge : Ancien directeur pédagogique du Centre Claude Bernard à Paris. Instituteur spécialisé, rééducateur, psychologue clinicien. Depuis plus de trente ans il met en pratique une démarche psychopédagogique auprès d’enfants et d’adolescents qui ont pour point commun de refuser avec force les apprentissages scolaires. Auteur notamment de L’enfant et la peur d’apprendre (Dunod, 2004) et Ces enfants empêchés de penser (Dunod, 2008).

BONNÉRY Stéphane : Maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université Paris VIII-Saint-Denis (équipe Escol). Auteur notamment de Comprendre l’échec scolaire : élèves en difficultés et dispositifs pédagogiques (La Dispute, 2007) et Les Classes relais : un dispositif pour les élèves en rupture avec l’école (ESF, 2002). A contribué à l’ouvrage collectif L’École démocratique : vers un renoncement politique ? (dirigé par Choukri Ben Ayed, Colin, 2010).

BRIDE Patrice : Professeur d’histoire-géographie, rédacteur en chef des Cahiers pédagogiques.

CAREIL Yves : Maître de conférences à l’IUFM de Bretagne (école interne de l’UBO), CREAD (IUFM de Bretagne/Rennes II). Auteur notamment de L’expérience des collégiens : ségrégations, médiations, tensions (Presses Universitaires de Rennes, coll. « Le sens social », 2007).

CHAUVEL Séverine : Doctorante en sciences sociales, EHESS. Membre de l’équipe ETT (Enquêtes, terrain, théories) du Centre Maurice Halbwachs (ENS/CNRS/EHESS). Auteur d’une thèse : Sociologie de l’orientation scolaire. Les politiques éducatives au prisme des « choix » des familles et du travail enseignant.

DEROUET Jean-Louis : Professeur des universités, École normale supérieure de Lyon. UMR Triangle. Institut français de l’éducation. Auteur notamment de Le collège unique en question (dir., PUF, 2003) et Le collège en chantier : retour sur le collège unique (INRP, 2004). Jean-Louis Derouet, R. Normand (coord.), « Évaluation, développement professionnel et organisation scolaire », Revue Française de Pédagogie, 174, 2011.

FRANDJI Daniel : Maître de conférences en sociologie à l’Institut français de l’éducation, de l’ENS de Lyon, UMR Triangle. Il a notamment dirigé avec Marc Demeuse, David Greger et Jean-Yves Rochex, l’ouvrage, Les politiques d’éducation prioritaire en Europe : conceptions, mises en œuvre, débats (INRP, 2009) ; Tome 2, Par-delà les réalités nationales : enjeux et perspectives (à paraître, ENS de Lyon, fin 2011).

GROISON Bernadette : Professeur des écoles, secrétaire générale de la FSU.

LAMARCHE Thomas : Maître de conférences à l’université Paris Diderot-Paris VII. Membre du Ladyss UMR 7533. Co-Auteur de Payer les profs au mérite ? (Syllepse, 2008). Coordinateur avec Évelyne Bechtold-Rognon de Manager ou servir ? (2011) Les Services Publics aux prises avec le Nouveau Management Public (coord., Syllepse).

LANTHEAUME Françoise : Maître de conférences à l’université Lumière Lyon II (ISPEF). Elle a soutenu une thèse de doctorat de sociologie en 2002 à l’EHESS. Co-auteure, avec Christophe Hélou, de La Souffrance des enseignants. Une sociologie pragmatique du travail enseignant (PUF, 2008) ; avec F. Bessette-Holland et S. Coste, de Le travail enseignant face aux nouvelles prescriptions, exemple des lycées professionnels (INRP, 2008).

LECONTE Claire : Professeur émérite de psychologie de l’éducation, université de Lille III. Chercheur spécialisée en chronobiologie au laboratoire PSITEC, présidente de l’AEPU, membre de la FFPP.

LELIÈVRE Claude : Professeur honoraire d’histoire de l’éducation (Paris V). Principaux thèmes de recherche : Évolutions des politiques scolaires en France, Évolutions des disciplines scolaires en France, Évolutions de la scolarisation des filles en France. Dernières publications : Les politiques scolaires mises en examen (ESF, 2002), L’histoire des femmes publiques contée aux enfants (PUF, 2001), Jules Ferry ; la République éducatrice, (Hachette, 2000).

PAGET Denis : Professeur de lettres, ancien secrétaire national puis co-secrétaire général du SNES de 1987 à 2004, chargé des questions pédagogiques (structures, contenus, méthodes), Denis Paget collabore à l’Institut de recherches de la FSU et est auteur de plusieurs ouvrages récents : Aventure commune et savoirs partagés (Syllepse/Nouveaux regards, 2006), Petite Histoire des collèges et des lycées (Éditions du Temps/Institut de recherches FSU, 2008), Collège commun, collège humain (Éditions du Temps/Institut de recherches FSU, 2010).

PASSERIEUX Christine : Ancienne conseillère pédagogique du 1er degré, elle a collaboré à l’Équipe Escol (Paris VIII), et est responsable nationale du GFEN.

POULLAOUEC Tristan : Maître de conférences en sociologie à l’université de Nantes. Auteur de Le diplôme, arme des faibles. Les familles ouvrières et l’école (La Dispute, 2010).

ROCHEX Jean-Yves : Professeur au département Sciences de l’éducation de l’université Paris VIII-Saint-Denis, Équipe ESCOL-CIRCEFT. A notamment contribué à l’ouvrage collectif L’école démocratique : vers un renoncement politique ? (dirigé par Ben Ayed Choukri, Colin, 2010). A aussi coordonné, avec Jacques Crinon, l’ouvrage La construction des inégalités scolaires. Au cœur des pratiques et dispositifs d’enseignement, à paraître fin octobre aux Presses Universitaires de Rennes.

ROGER Jean-Luc : Membre de l’équipe de « clinique de l’activité », CRTD-CNAM. Publications : J.L. Roger, Refaire son métier. Essai clinique de l’activité (Érès, Toulouse, 2007) ; J.L Roger, D. Ruelland, Y. Clot, « De l’action à la transformation du métier : l’activité enseignante au quotidien » (Éducation et Sociétés, 19, 2007, pp. 133-146) ; J.L. Roger, « Peut-on affronter la crise de réalisation du travail quotidien ? » (Le travail enseignant, Syllepses, 2010, pp. 117-133).

TESTU François : Membre du comité de pilotage de la conférence nationale sur les rythmes scolaires installé le 7 juin 2010, chronopsychologue reconnu, a créé à Tours en 2004 un master 2 professionnel consacré à la gestion des temps éducatifs. Président de la JPA.


<font
color="#000080" size="3" face="Arial">Clôture du colloque

Intervention de Roland HUBERT :

Nous voilà donc au moment de conclure ce colloque au terme de deux journées riches en débat et, tout le monde l’a ressenti, deux journées très intenses. Je voudrais dans un premier temps remercier tous les intervenants pour la qualité de leurs interventions qui nous ont permis de prendre de la hauteur et sans doute aussi de renouveler notre regard de professionnel, que nous portons sur le système éducatif et sur notre activité professionnelle. Mes remerciements aussi aux participants pour la qualité remarquable de leur écoute, leur engagement dans les débats mais aussi pour la patience dont ils on fait preuve quelque fois. Enfin pour terminer mes remerciements aux militants du SNES et du SNEP et aux salariés du SNES qui ont beaucoup œuvré à l’organisation de ce colloque et à sa tenue. Je crois que l’on peut les applaudir chaleureusement. Des actes de ce colloque seront publiés, ils seront un matériau précieux pour porter nos revendications, pour mener le travail, évoqué tout à l’heure, de conviction auprès de nos collègues, auprès des parents et plus généralement auprès de l’opinion publique et des partis politiques dans une période cruciale pour l’avenir du système éducatif. Tous les débats et les tables rondes ont été traversés, un peu envahis, parfois, par le rejet de politiques éducatives menées aujourd’hui, mais l’enjeu du colloque n’était pas seulement de décrypter et de condamner l’existant, il était aussi et surtout de dégager des propositions pour l’avenir. Le titre du colloque à cet égard était ambitieux : « Redonner un avenir au collège ». Le pari me semble en grande partie gagné car les comptes-rendus des ateliers, tous aussi précis et remarquables les uns que les autres, ont montré la richesse des débats. D’une façon ou d’une autre, tous les thèmes ont été balayés, abordés, peut-être parfois sans parvenir à dégager des pistes de solution, mais toujours avec l’espoir de pouvoir reprendre la main sur notre métier, sur notre travail et sur le système éducatif. Cet esprit qui a traversé le colloque pendant les deux jours est quelque chose de très positif.

À quelques mois d’une campagne présidentielle, alors que les programmes des partis politiques commencent à fleurir, il y a urgence à mener le débat et je m’inscris totalement dans ce que Serge Chabrol disait tout à l’heure, sur l’investissement que, tous, nous devons avoir dans les 500 débats initiés par la FSU.

Je conclurai donc ce colloque en lisant l’appel que nos organisations syndicales, SNES-FSU, SNEP-FSU et SNUPDEN-FSU lancent aujourd’hui. Nous avons fait le choix de l’organiser autour de trois principes et il contient douze propositions et un appel spécifique pour relancer l’éducation prioritaire. Il a vocation à être porté auprès de l’ensemble de la communauté éducative, à être notre passeport d’entrée dans les débats, dans les 500 débats organisés par la FSU.

APPEL pour Redonner un avenir au Collège


Conclusion du Colloque des 5 et 6 avril 2011, SNES-FSU – SNEP-FSU – SNUPDEN-FSU

Développer, au cours d’une scolarité épanouissante, le plaisir d’apprendre et de confronter des idées, permettre l’accès à une culture commune qui aide à grandir, à se construire en tant qu’individus et citoyens libres et épanouis, dotés de jugement et d’esprit critique, sensibles à l’altérité comme au bien commun, qui ouvre sur des poursuites d’études et donne, à tous, les premiers éléments de connaissance du monde professionnel, faire partager un ensemble de valeurs, savoirs et compétences qui permet le « vivre ensemble », sont les missions que la Nation doit assigner au collège.

Mais aujourd’hui, sous l’effet conjugué des suppressions massives d’emplois, des réformes et des prescriptions autoritaires dont les visées leur semblent souvent en décalage avec leur souhait d’assurer la réussite de tous les jeunes et qui dégradent considérablement leurs conditions de travail, les personnels doutent et souffrent de voir leur travail empêché. Ils aspirent à pouvoir mieux exercer leurs métiers.

Nombre d’élèves ne trouvent pas sens à leur présence en classe ou ne disposent pas des « codes » pour comprendre ce que l’on attend d’eux. Trop de jeunes rejettent à travers le collège le symbole d’une société dans laquelle ils doutent de pouvoir trouver une place. Le fossé se creuse alors avec la grande majorité des collégiennes et collégiens qui, avec plus ou moins d’aisance, parviennent à acquérir une formation initiale leur ouvrant la porte du lycée ou d’une première qualification. Dans un système éducatif de plus en plus soumis aux lois de la performance et de la compétitivité, fracture sociale et fracture scolaire, qui souvent se recoupent, débouchent ainsi sur une société de moins en moins solidaire, de plus en plus individualiste et ségréguée.

On mesure déjà les effets néfastes des réformes engagées aujourd’hui autour du socle commun et de son évaluation problématique, de l’autonomie accrue des établissements, de l’abandon de la carte scolaire : dégradation des conditions de travail de tous ; désarroi et souvent colère des personnels devant l’accumulation de tâches ou d’injonctions dont ils ne partagent pas les objectifs et l’augmentation importante de leur charge de travail ; décalage entre les exigences du socle et celles des programmes ; nouvelles hiérarchies entre les disciplines, voire effacement de certaines d’entre elles ; conflits latents engendrés par la mise en concurrence des personnels. Dans les établissements qui relevaient jusqu’ici de l’éducation prioritaire, les difficultés sont accrues : ils sont abandonnés à des dispositifs ou programmes tous plus chiches en moyens les uns que les autres et toujours plus tournés vers le sécuritaire en lieu et place de l’éducatif, vers le dérogatoire au cadre national et la déréglementation tant pour les élèves que pour les personnels…

Aucun élève n’a à gagner de ces orientations, ni ceux qui ont besoin de plus et mieux d’école, ni ceux qui éprouvent le moins de difficultés et qui sont privés de la richesse du « vivre ensemble ».

Cette situation est inacceptable parce qu’injuste et inégalitaire, scandaleuse parce que destructrice de l’avenir de nombreux jeunes, absurde parce que fruit de politiques comptables et qui ont de fait tiré un trait sur la réussite de tous.

D’autres choix pourtant sont possibles pour assurer une véritable démocratisation du collège.

Les syndicats SNES, SNEP et SNUPDEN de la FSU, lancent un appel solennel pour redonner un autre avenir à un collège clairement identifié entre école élémentaire et lycée, structuré par la culture commune dont les contours et l’ossature doivent être mis en débat, matérialisé en établissements de taille raisonnable dans lesquels est systématiquement recherchée la mixité sociale, et dont le financement assure les conditions de travail, d’étude et de vie scolaire nécessaires à la prise en charge et au suivi de tous les collégiens dans leur diversité.

Ils proposent que soient respectés trois principes :

- ancrage du collège au second degré dont il est la première étape ;

- recherche absolue de la mixité sociale dans tous les établissements ;

- garantie à tous d’une poursuite de la scolarisation au-delà du collège dans le cadre de la prolongation de la scolarité obligatoire à 18 ans.

Réaffirmant ainsi clairement la volonté républicaine d’un collège qui dispense à tous des savoirs exigeants et émancipateurs qui, par leur appropriation, permettent aussi la poursuite d’objectifs éducatifs plus généraux, le SNES, le SNEP et le SNUPDEN proposent de mettre en débat des axes de réflexion pour faire du collège un lieu de la réussite de tous :

- Repenser une carte scolaire avec l’objectif d’assurer la mixité sociale et scolaire dans tous les établissements.

- Mener une réflexion sur la culture commune scolaire dans le cadre d’une scolarité obligatoire portée à 18 ans, conçue à la fois comme objectif des enseignements et activités scolaires, et comme principe irriguant les programmes scolaires ; cela implique notamment de lutter contre la hiérarchie des disciplines en donnant toute leur place aux enseignements artistiques, la technologie et l’EPS. Ces programmes doivent être pensés en complémentarité, intégrer les allers retours entre les disciplines d’une part et d’autre part entre savoir disciplinaire et contextualisation dans des travaux interdisciplinaires qui aident à trouver sens aux apprentissages.

- Mener, en lien avec la recherche en sciences de l’éducation, une réflexion sur les pratiques enseignantes et éducatives qui favorisent la démocratisation de l’accès aux savoirs et compétences, et sur les conditions matérielles de leur mise en oeuvre qui devront être garanties par l’État.

- Améliorer l’articulation entre premier et second degrés, dans le respect des spécificités de chacun de ces deux ordres d’enseignement : à l’opposé de toute forme de prolongation du premier degré, l’objectif est de permettre de donner à tous, par une meilleure connaissance réciproque des contenus et des pratiques et par l’amélioration des conditions d’accueil et de prise en charge en classe de Sixième, les moyens de vivre cette transition qui peut être redoutable, en particulier pour tous ceux qui éprouvaient des difficultés avant leur entrée au collège.

- Lancer une concertation sur les possibilités de reconnaître et/ou d’intégrer dans les services des enseignants les tâches et missions de concertation, de travail en équipe et d’encadrement d’activités liées à leur enseignement.

- Penser une orientation scolaire accompagnée par les conseillers d’orientation-psychologues, affranchie de l’urgence du choix immédiat et des stéréotypes, prenant en compte le développement psychologique, les dimensions sociales et singulières essentielles dans l’élaboration de projets émancipateurs et la construction d’une estime de soi indispensable à la réussite scolaire.

- Mettre en chantier une concertation sur les conditions d’un fonctionnement démocratique des établissements, garantissant l’expression de tous.

- Permettre aux équipes de construire et de mettre en oeuvre collectivement un projet d’établissement qui respecte les définitions nationales des programmes, des obligations de service des personnels, des conditions d’étude et de travail de tous. Ce projet doit pouvoir être financé en tenant compte des situations particulières en abondant les dotations communes à tous les établissements.

- Repenser la formation continue des personnels et remettre à plat la conception de la formation initiale des enseignants et des CPE.

- Mettre en place dans tous les collèges, en lien avec les équipes de direction, des équipes pluri-professionnelles complètes : personnels d’enseignement, d’éducation, administratifs et de service, de service social et de santé, conseillers d’orientation-psychologues… avec des moyens leur permettant de travailler, ensemble, à la réussite et au bien-être de tous les jeunes.

- Penser des rythmes scolaires permettant d’assurer une scolarité équilibrée et réussie en collège, ce qui ne passe pas par « moins », mais par « plus et mieux d’école », avec alternance des formes de travail, de regroupements et d’activités pédagogiques, la création de temps pour la vie scolaire, des activités culturelles diverses, le maintien de la libération du mercredi après midi, notamment pour le sport scolaire, etc.

- Ouvrir, avec l’État et les Conseils généraux, une négociation en vue de l’établissement d’un cahier des charges des locaux nécessaires et indispensables pour un collège permettant une meilleure intégration scolaire, la réussite et le bien-être de tous.

Les syndicats SNES, SNEP et SNUPDEN de la FSU alertent solennellement sur l’urgence de redonner au collège les moyens humains et matériels de son fonctionnement. Les dépenses pour l’éducation sont un investissement pour l’avenir de la jeunesse et du pays. Cesser les suppressions de postes, augmenter les recrutements et former les personnels doivent être des priorités traduisant une volonté politique de permettre à tous les jeunes de réussir leur scolarité commune avec les mêmes ambitions et les mêmes perspectives d’avenir.

Relancer l’Éducation prioritaire

Le creusement des inégalités sociales, la libéralisation de la carte scolaire et les conséquences des politiques erratiques de la ville depuis des décennies accentuent les difficultés des établissements qui recrutent sur des quartiers urbains ou zones rurales particulièrement défavorisés et qui s’homogénéisent socialement. La volonté de maintenir sur l’ensemble du territoire l’idéal de justice et d’égalité dans l’accès aux savoirs et aux qualifications avait conduit à la mise en place de l’éducation prioritaire. Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose de cet idéal, et la mise en place de dispositifs du type CLAIR risque même de créer une école spécifique pour les plus démunis.

Les syndicats SNES, SNEP et SNUPEN de la FSU refusent que s’installe une école dérogatoire pour les plus défavorisés. Ils appellent solennellement à une refondation de l’éducation prioritaire par la tenue de toute urgence d’« assises de l’éducation prioritaire » qui, à l’opposé des « états généraux de la sécurité à l’École », doivent réellement permettre d’aborder la question de l’éducation prioritaire dans toutes ses dimensions : humaines, sociales et scolaires.

Le SNES-FSU, le SNEP-FSU et le SNUPDEN-FSU
décident de porter dès aujourd’hui cet appel
et de le mettre en débat
auprès de l’ensemble de la communauté éducative.



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